L’expression « passer de bonnes vacances » concentre plusieurs pièges d’orthographe et de registre qui compliquent un geste pourtant simple. Entre l’accord au pluriel, le choix du vouvoiement et la sensibilité du contexte (départ volontaire, congé maladie, retour de burn-out), la formulation d’un message à un collègue mérite une analyse plus fine qu’une liste de modèles à copier-coller.
Orthographe de « passer de bonnes vacances » : les erreurs qui persistent
La faute la plus fréquente reste l’oubli du pluriel. « Vacances » s’écrit toujours au pluriel en français, ce qui entraîne l’accord de l’adjectif : « bonnes vacances », jamais « bonne vacance ». Le mot n’a pas de forme singulière dans cet usage courant.
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L’autre point de friction concerne le verbe. « Je vous souhaite de passer de bonnes vacances » est grammaticalement correct. En revanche, « je vous souhaite passer » (sans « de ») est une construction fautive souvent reproduite à l’oral.
| Formulation | Correcte ? | Commentaire |
|---|---|---|
| Passez de bonne vacance | Non | Double faute : singulier + accord adjectif |
| Passez de bonnes vacances | Oui | Impératif, registre courant |
| Je vous souhaite de bonnes vacances | Oui | Formule indirecte, registre professionnel |
| Je vous souhaite passer de bonnes vacances | Non | Il manque « de » après « souhaite » |
| Je vous souhaite de passer d’excellentes vacances | Oui | Formule développée, adaptée aux contextes multiculturels |
Selon le baromètre RH hybride publié par l’ANDRH en 2026, les formules indirectes comme « Je vous souhaite de passer d’excellentes vacances » sont préférées dans les équipes internationales, car elles contournent les pièges phonétiques du français pour les non-natifs.
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Registre formel ou amical : adapter le message au lien avec le collègue
Un message de départ en vacances n’a pas la même forme selon qu’il s’adresse à un supérieur hiérarchique, à un collègue proche ou à toute une équipe. Le registre modifie la construction de la phrase, pas seulement le vocabulaire.
Message professionnel et formel
Le vouvoiement reste la norme dans la majorité des entreprises françaises pour les communications écrites. Une formule sobre fonctionne mieux qu’un texte trop long :
- « Je vous souhaite d’excellentes vacances et un repos bien mérité. » (neutre, adapté à un responsable ou un client interne)
- « Profitez bien de cette pause estivale. Au plaisir de vous retrouver à la rentrée. » (légèrement chaleureux, reste dans le cadre professionnel)
- « Je vous adresse mes meilleurs vœux pour cette période de congé. » (très formel, adapté aux échanges avec la direction)
Message amical entre collègues proches
Le tutoiement et un ton plus détendu sont acceptables quand la relation le permet. L’idée est de rester sincère sans basculer dans l’excès.
Deux exemples : « Profite bien, tu l’as bien mérité ! On se retrouve en pleine forme à la rentrée. » Ou encore : « Bonnes vacances [prénom], déconnecte vraiment cette fois ! »
Message d’absence automatisé : les règles à respecter depuis 2025
L’extension de la loi sur le droit à la déconnexion, mise à jour en 2025, pousse les entreprises à standardiser les messages d’absence automatiques. L’objectif est d’éviter les malentendus professionnels et de garantir des formules orthographiquement correctes dans les réponses automatiques.
Un message d’absence bien construit contient trois informations : la période d’absence, la personne à contacter en remplacement et une formule de politesse sobre. La tentation d’ajouter une touche d’humour (« je suis sur la plage, pas au bureau ») peut poser problème dans un cadre réglementé.
Voici une structure fiable :
« Je suis en congé du [date] au [date]. En mon absence, vous pouvez contacter [prénom, nom] à [adresse]. Je vous souhaite une excellente continuation. »
Pas de référence personnelle, pas de ton familier : le message automatique représente l’entreprise autant que le salarié.

Souhaiter de bonnes vacances à un collègue en situation de vulnérabilité
Les articles sur le sujet proposent des modèles génériques. Aucun n’aborde le cas d’un collègue qui part en congé après un burn-out, un arrêt maladie prolongé ou qui vit une situation de handicap. La formulation standard (« Profite bien ! », « Amuse-toi ! ») peut sonner faux, voire maladroit, dans ces contextes.
Burn-out récent ou retour de congé maladie
Un collègue qui a traversé un épisode d’épuisement professionnel ne perçoit pas les vacances comme une parenthèse festive. Éviter les injonctions au bonheur (« éclate-toi », « profite à fond ») réduit le risque de créer un malaise. Préférer une formulation qui reconnaît le besoin de repos sans dramatiser :
« Je te souhaite une vraie coupure et tout le repos dont tu as besoin. » Ou, en vouvoiement : « Prenez soin de vous pendant cette pause. »
Collègue en situation de handicap
Le piège consiste à surcompenser par un message trop appuyé ou, à l’inverse, à éviter tout contact par peur de mal faire. Un message simple, identique dans sa structure à celui adressé aux autres collègues, reste la meilleure approche. L’adaptation porte sur un seul point : ne pas présupposer le type d’activités (« bonnes randonnées », « bon voyage ») si la situation physique du collègue ne le permet pas.
Formulation adaptée : « Je vous souhaite de passer d’excellentes vacances, [prénom]. Au plaisir de vous retrouver. » Sobre, sans projection sur le contenu du congé.
Départ dont on ignore la raison
Quand un collègue s’absente sans que le motif soit connu (congé parental, raison médicale, projet personnel), la formule la plus sûre évite toute référence au motif : « Je vous souhaite le meilleur pour les semaines à venir. » Cette phrase fonctionne quel que soit le contexte, sans curiosité implicite.
Carte, e-mail ou message instantané : quel support choisir
Le canal modifie la longueur et le ton du message. Un texte de trois lignes passe bien par e-mail, mais paraît excessif sur une messagerie instantanée type Slack ou Teams. À l’inverse, une carte physique, même brève, produit un effet plus marquant parce que le geste est devenu rare en entreprise.
Pour un e-mail collectif de départ en vacances, une à deux phrases suffisent. Le destinataire reçoit probablement plusieurs messages similaires : la concision est une forme de respect.
Pour une carte manuscrite, le format autorise une phrase plus personnelle. L’orthographe y est d’autant plus visible qu’il n’y a pas de correcteur automatique : relire « bonnes vacances » (et non « bonne vacance ») avant de signer évite un faux pas durable.
Le choix du support dit autant que le message lui-même. Un collègue proche appréciera un mot spontané sur la messagerie interne. Un supérieur hiérarchique ou un collègue avec qui la relation est plus distante recevra mieux un e-mail structuré avec une formule de politesse complète.

